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Pourquoi adopter un lapin âgé, handicapé ou malade ?

Certaines familles choisissent volontairement d’adopter un lapin relativement âgé, handicapé ou malade. Pourquoi ? Probablement parce qu’ils ont envie de donner une chance à un animal qui aura plus de difficultés à être adopté, ou parce qu’ils ont un coup de cœur, tout simplement !

Ces lapins ont aussi droit à une deuxième chance. Quand on sait qu’une couleur de pelage peu prisée peut empêcher un lapin de trouver une famille, c’est encore plus difficile pour les petits malades ou les plus âgés de trouver des adoptants. Ils sont pourtant tout aussi câlins et aimants que les autres et ont besoin d’affection et de bons soins.

Il faut cependant savoir que le fait d’adopter un animal ayant des besoins particuliers peut supposer de lui prodiguer certains soins, et avoir très souvent une incidence financière. Accueillir un lapin doit toujours être un acte mûrement réfléchi et l’adoptant doit être en mesure d’assumer les frais nécessaires à sa santé et son bien-être tout au long de sa vie, qui plus est lorsqu’il choisit volontairement un animal malade ou âgé. En effet, celui-ci aura probablement besoin de davantage de soins plus ou moins coûteux : suivi vétérinaire régulier, traitement de longue durée, aménagement spécifique de son territoire, etc. Une fois la question financière réglée, il pourra profiter de tout le bonheur que ces lapins, souvent délaissés à cause de leur condition, peuvent apporter.


Voici quelques histoires de lapins qui ont eu cette chance et ont été adoptés via des associations ou auprès d’un refuge :

L’histoire d’Anton (Antonin), adopté via l’Association Marguerite&Cie :

Quand nous avons décidé d’adopter Anton, nous savions qu’il avait une maladie dentaire acquise de stade avancé.

Nous connaissions déjà le problème par le passé, nos petits anges ayant cette maladie de stade 3 et 4. Nous savions l’investissement personnel et financier que cela représentait, mais aussi et surtout le stress généré par des visites répétées - souvent mensuelles - chez le vétérinaire, les anesthésies et le temps de récupération, et enfin nous redoutions des conséquences plus importantes comme des abcès.

Malgré tout, pour Anton, la question ne se posait pas. Ses problèmes de santé nous importaient peu, c’était lui et pas un autre. Nous avions bien entendu conscience de ce problème, nous savions que nous l’assumerions jusqu’au bout, mais cela ne nous a pas arrêtés car nous avions complètement craqué sur lui, son caractère, son comportement, et sa petite bouille bien évidemment.

L’avantage d’adopter quand on sait que le lapin a tel ou tel problème de santé est qu’on est obligé d’y faire attention, de mettre en place, dès son arrivée, un programme pour faire en sorte d’aider à vivre avec, voire de ralentir, l’avancement de la maladie.

Au début, Anton allait chez le vétérinaire tous les mois. Il mangeait peu de légumes. Aujourd’hui, on compte combien de fois dans l’année il y va (certes il a eu 3 extractions dentaires il y a moins d’1 mois), on a espacé les visites de plus de 3 mois, voire 4-5 mois quand tout va bien. Désormais, il mange tous les légumes sans exception et il se régale, allant même jusqu’à manger la part de sa chérie.

Anton

Anton

Vel
Vel

Anton et Vel
Vel et Anton




L’histoire de Betty, adoptée via l’association Marguerite&Cie

La plupart des gens, lorsqu’ils se décident à adopter un animal, se tourneront vers un animal de préférence en bonne santé et relativement jeune. C’est le choix que j’avais fait lorsque j’ai adopté ma première lapine Virgule. Elle était jeune, sans problème de santé apparent. Grâce à elle, j’ai découvert l’univers des lagomorphes et me suis passionnée pour ces adorables compagnons. Je me suis documentée et ai découvert qu’il existait de nombreuses associations dédiées à l’information, la protection et le sauvetage des NACs. J’ai alors pris la décision d’aider, à mon échelle, ces diverses associations.

Mon deuxième lapin, Polochon, a été adopté grâce à une annonce postée sur le forum Marguerite & cie. Il s’agissait alors d’un lapin déjà « hors-norme », par son gabarit (5,3 kg à son adoption) et par son passé (maltraité, il avait une broche suite à un accident chez son ancienne propriétaire). J’ai alors découvert que les animaux adoptés adultes, ne posaient que peu de problème d’éducation (je n’ai jamais eu besoin d’apprendre la propreté à Polochon) et les éventuels problèmes de santé ne faisaient que renforcer l’affection que l’on pouvait éprouver pour eux.

Après la mort assez soudaine de Polochon, je n’étais pas certaine de reprendre un autre lapin. Puis j’ai lu l’annonce de Betty. Betty était une lapine assez âgée pour être à l’adoption (5/6 ans estimés), de couleur noire, et avait souffert d’obésité, ce qui avait eu pour conséquence de lui laisser un fanon très imposant, et, avouons-le, peu esthétique au premier abord. Ma première pensée fut qu’il serait difficile pour cette lapine d’être adoptée. En effet, les adoptants privilégient, de façon générale, à mon avis, les lapins dits « mignons » et sans problèmes. Betty, avec sa couleur noire, son gabarit, son fanon et son âge, n’était donc certainement pas la lapine qui pouvait espérer une adoption rapide. J’ai alors lu son post et découvert son histoire : une vie passée dans l’ombre, sous une cage d’escalier, avec de la mauvaise nourriture, une crainte justifiée des hommes… et son histoire m’a émue. Il y a des histoires qui nous touchent spécifiquement, sans raison particulière puisque l’on parle ici de sentiment. C’est ce qui s’est passé avec Betty… J’ai été émue et ai donc entrepris les démarches pour l’adopter.

Bien sûr, il y a eu un peu d’appréhension, de questions, de doutes. Il est légitime, et même rassurant, de s’en poser. Comment réagir si elle est beaucoup trop craintive ? Comment arriver à lui faire perdre progressivement du poids ? N’est-il pas trop tard pour lui redonner confiance en l’homme ? Ses problèmes de santé et son âge ne risquent-ils pas d’être une trop grosse contrainte financière ?

Puis Betty est arrivée. Elle était effectivement très apeurée, n’osant pas sortir de son panier de transport. Elle qui n’avait connu que l’ombre et les caves, en 24H, elle avait dû affronter le transport en voiture, en train, puis les transports en commun parisiens, pour arriver dans un endroit inconnu avec des humains inconnus. Un grand choc ! J’ai posé un peu de nourriture et j’ai attendu. Doucement, elle est sortie, a exploré son environnement. Et doucement, notre histoire s’est construite.

J’ai découvert une lapine qui ne faisait pas son âge, curieuse bien que toujours craintive. A force de paroles douces et de gestes lents, elle a fini par s’habituer à nous, à comprendre qu’elle ne risquait rien. La voir prendre confiance et explorer son nouvel habitat était une expérience inoubliable, de même que la première fois où elle a posé ses pattes sur ma jambe. Après sa stérilisation, les problèmes de propreté se sont résolus et, plus calme, elle a continué à nous témoigner sa confiance. Nous avons découvert une lapine très forte et très câline, très gourmande aussi ! Elle s’est habituée aux transports, a pu courir dans un vrai jardin, revenant souvent vers nous. Nous l’avons vue, jour après jour, prendre confiance, gambader toujours un peu plus loin, un peu plus vite, puisqu’elle parvenait également à perdre du poids. Quant à son grand fanon, au bout du deuxième jour, je ne le voyais plus. Les gens que je recevais me demandaient évidemment quel était ce « bout de peau qui pend sous son cou » mais par curiosité, jamais par dégoût ou moquerie. Sa caractéristique physique faisait partie d’elle et lorsque j’ai vu que son fanon, diminué grâce à sa perte de poids, ne la gênait plus dans ses déplacements ni dans son toilettage, je l’ai tout simplement oublié. Betty a pu également connaître la vie à deux puisque j’ai adopté un autre lapin, qui s’est révélé être sourd plus tard.

Je n’ai jamais regretté une seule seconde d’avoir adopté Betty. Elle m’a beaucoup offert et surtout beaucoup appris : que la confiance et le respect se gagnent mutuellement, progressivement mais sûrement, qu’un animal qui a souffert n’en appréciera que davantage la vie que les adoptants lui offrent. Elle m’a montré qu’il n’était jamais trop tard pour découvrir et apprécier le bonheur et, lorsque je la regardais se ruer sur ses légumes ou s’amuser avec ses balles en osier, je me sentais heureuse, de l’avoir avec moi et d’avoir pu lui offrir une nouvelle vie. Adopter un animal considéré comme vieux n’est pas une décision facile : l’animal a du vécu, positif ou malheureusement négatif, et il faut du temps pour reconstruire de nouvelles habitudes, instaurer une nouvelle relation de confiance, apprendre à le connaître, à repérer ce qui l’inquiète, ce qu’il aime, car il aura des appréhensions, des craintes. Mais une fois la confiance instaurée et gagnée, l’animal se révèle, heureux de vivre, serein et confiant, et quel plus beau cadeau pour un propriétaire que de pouvoir se dire que l’on a pu contribuer à le rendre heureux et lui offrir la vie qu’il a toujours méritée ?

Betty

Betty et Gribouille

Portfolio



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